la belgique, exemple à suivre
Lyon, 16 février 2006, Le Parlement belge en séance plénière, et malgré le lobby écrasant de l’industrie de l’armement, vient de voter l’interdiction totale des bombes à sous-munitions. Onze ans après avoir été le premier pays au monde à interdire les mines antipersonnel, la Belgique, sous l’impulsion de Handicap International, Human Rights Watch est de nouveau pionnière dans l’interdiction des bombes à sous-munitions.
Les
parlementaires belges ont décidé de confirmer le vote unanime des
sénateurs (7 juillet 2005) et celui de la Commission de la Défense (1er
février 2006) en adoptant le 16 février 2006 le texte de loi
interdisant totalement les bombes à sous-munitions. La Belgique a fait
un choix politique courageux : entre les intérêts de l’industrie de
l’armement, en particulier du groupe Thales, actionnaire des Forges de
Zeebrugge, et la vie de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants
innocents, les parlementaires belges ont fait le seul choix possible.
Alors que 50 % des pays producteurs sont basés en Europe, cette
interdiction s’inscrit dans un contexte européen de prise de conscience
de l’atrocité de ces armes, le Parlement européen ayant appelé à un
moratoire immédiat sur l’utilisation, la production, le transport et
l’exportation des sous-munitions.
En
France, plus de cent questions parlementaires ont été posées au
gouvernement en 2005 sur le thème des sous-munitions. Sous l’impulsion
de Handicap International et des députés, deux propositions de loi
demandant l'interdiction des sous-munitions ont été déposées à
l'Assemblée nationale depuis 2004. Pourtant, le gouvernement français
ne semble toujours pas prendre conscience du caractère de véritable
urgence humanitaire que revêt la problématique des sous-munitions.
Souhaitons que le vote belge incite la France à prendre ses
responsabilités quant au rôle qu’elle doit jouer sur la scène
internationale concernant l’interdiction des BASM. Ainsi
que le déclare Jean-Baptiste Richardier, Directeur général de Handicap
International, « La Belgique montre de nouveau l’exemple. Son vote est
une formidable avancée dans le combat contre les bombes à
sous-munitions. Il appartient aux autres pays, et notamment la France,
de faire preuve de courage politique en suivant cette interdiction. »
Les
sous-munitions sont de mini bombes regroupées par dizaine ou par
centaine dans des conteneurs. Disséminées au hasard de leur largage,
elles sont susceptibles d’atteindre des zones civiles. De plus, 5 à 30%
d’entre elles n’explosent pas à l’impact, se transformant de fait en
véritables mines antipersonnel. Massivement utilisées lors des derniers
conflits (Kosovo, Afghanistan, Irak,…), elles font des milliers de
victimes : 85 % des victimes de mines antipersonnel et d’engins non
explosés, dont les bombes à sous-munitions, sont des civils et, parmi
eux, 23 % sont des enfants. Comme le déclare Kevin Bryant,
spécialiste en destruction d’engins explosifs au siège de Handicap
International à Bruxelles «en interdisant les sous-munitions, nous
pouvons au moins rendre la paix qui suit les conflits, plus sûre pour
les non combattants.»
Handicap
International et 160 Ong internationales sont réunies au sein de la
coalition contre les bombes à sous-munitions (CMC) pour mettre fin à
ces « mines antipersonnel qui ne disent pas leur nom ».